C’est un tournant pour les kinésithérapeutes libéraux qui perdent cette semaine un des principes fondamentaux commun aux libéraux de santé : la liberté d’installation.

L’honnêteté nous oblige à dire que cette liberté d’installation devait être encadrée au vu de l’existence de certains « déserts médicaux » en France. Mais faut-il rappeler que les kinésithérapeutes sont des professionnels prescrits et qu’ils ne s’installent que là où il existe déjà un réseau médical leur permettant de pérenniser leur activité ?

Pourquoi l’Union (SNMKR + OK) a refusé de signer cet avenant ? Parce que nous considérons qu’il s’agit du  moins ambitieux de notre histoire. Il s’agit d’ailleurs du moins ambitieux de l’ensemble des professions médicales et paramédicales qui ont obtenu bien plus lors de leurs négociations conventionnelles.

Concernant la perte de cette liberté d’installation l’Union n’a cessé de marteler que les kinésithérapeutes devaient être bien plus aidés lorsqu’ils s’installaient en zones dites « sous dotées ». Les moyens proposés par l’assurance maladie sont à l’évidence totalement insuffisants pour inciter les professionnels à s’installer dans des zones de France où l’ensemble des services publics fait déjà défaut.

L’Union n’a cessé de marteler que dans ces zones il était nécessaire de mettre en place des protocoles d’expérimentation d’accès en direct des patients aux soins de kinésithérapie sans prescription médicale. Dans un certains nombre de pathologies et de situations l’accès direct relève d’ores et déjà de leurs compétences (petite traumatologie, kinésithérapie respiratoire, pathologies rhumatologiques, etc.).

L’Union enfin, ne pouvait accepter qu’après 11 années de gel tarifaire, les kinésithérapeutes se voient octroyer une aumône de quelques centimes.

Voilà pourquoi l’Union n’a pas signé cet avenant. Au vu des résultats obtenus par les autres professions médicales (les sages-femmes obtiennent un tarif de consultation à hauteur de celui des médecins généralistes) et paramédicales (l’enveloppe de revalorisation des infirmières fut bien supérieure à la nôtre) nous sommes confortés dans cette décision lourde de sens pour un syndicat représentatif.

Nous laissons donc la responsabilité d’une telle débâcle conventionnelle à ceux qui au moment opportun n’ont pas su quitter la table des négociations pour faire pression sur l’assurance maladie. A ceux qui n’ont pas su porter des revendications à la hauteur des espérances légitimes des kinésithérapeutes de terrain. Enfin nous constatons que le syndicat signataire de cet avenant se trouve déjà dans l’impossibilité de faire respecter le texte en particulier l’article 7 qui prévoyait l’étude de la revalorisation de la masso-kinésithérapie dans le cadre du cancer du sein et dans le cadre des mucoviscidoses ainsi que pour la rééducation vestibulaire avant fin décembre 2011 et nous pourrions ajouter qu’en fin d’année la problématique de l’association de deux  actes différents de rééducation pour des affections différentes aurait aussi du trouver, selon le texte proposé, une solution. Visiblement cela ne semble pas gêner outre mesure les signataires.

Dans quelques mois, c’est la convention qui sera renégociée. Pour que votre voix pèse plus fortement dans le débat lors des négociations conventionnelles, il n’y a qu’une seule solution :

Rejoignez l’Union !
L’UNION n’est pas un simple mot mais un engagement et un état d’esprit.


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